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06/07/2026
Pendant un peu plus d'une heure, nous partageons les dernières heures d'un homme avant sa sortie de prison. Quatorze années d'enfermement tiennent dans quelques lettres, quelques souvenirs, quelques regrets... mais aussi dans une incroyable envie de vivre à nouveau. Peu à peu, les murs de la cellule s'effacent pour laisser apparaître un être humain, avec ses failles, ses blessures et cette part d'espoir qui refuse de disparaître.
J'ai été particulièrement touché par la justesse de l'interprétation. Sans jamais tomber dans l'excès, le comédien nous entraîne dans une palette d'émotions où se mêlent la peur, le doute, la colère, la tendresse et, surtout, cette fragile lumière qui renaît à l'idée d'une seconde chance.
La mise en scène, volontairement sobre, laisse toute la place au texte. Elle nous invite à écouter, à ressentir, à imaginer. Ici, pas d'effets inutiles : ce sont les mots, les silences et les regards qui construisent le spectacle. Et c'est précisément cette simplicité qui lui donne autant de force.
Prison centrale ne cherche jamais à excuser ni à condamner. La pièce nous rappelle simplement qu'avant d'être un détenu, il y a un homme. Un homme qui a payé sa dette, qui s'interroge sur ce qui l'attend dehors et qui espère retrouver une place dans un monde qui a continué sans lui.
On ressort de cette représentation avec beaucoup de questions, mais aussi avec une profonde émotion. C'est un spectacle profondément humain, délicat et sincère, qui invite à regarder au-delà des apparences et à croire, malgré tout, que chacun peut retrouver un chemin vers la liberté.
Un très beau moment de théâtre, de ceux qui nous rappellent que l'émotion naît souvent de la simplicité et de la vérité.
Pascal-Les 2 M & Co PDF🖨️
06/07/2026
Christelle KORICHI comédienne de talent nous entraîne avec brio dans son voyage de vie où fleurissent de nombreux personnages haut en couleur qu’elle interprète avec brio. Elle chante de sa voix puissante et harmonieuse et danse avec une « folle » énergie. L’humour, la tendresse, la sensibilité, son amour de la vie, l’émotion sont omniprésents. C’est drôle et touchant.
La mise en scène de Garance LEGROU est remarquable. Un décor simple avec quelque paillettes où Christelle peut exprimer toute son énergie, sa fantaisie mais aussi sa sensibilité.
Mention spéciale à la création lumière de Luc KHIARI.
Cette pièce est une ode à la liberté, à l’audace et au courage de suivre sa propre voie malgré les obstacles.
Elle nous interroge sur nos quêtes personnelles, nos désirs de vies avouées ou non avouées. Et nous, que sommes- nous prêts à quitter pour devenir enfin nous -même ?
Mireille - Les 2M & Co PDF 🖨️
06/07/2026
mène, une jeune fille, raconte l'histoire de sa meilleure amie, Jasmine, et l'enchaînement de circonstances qui l'ont conduite sur un chemin tortueux jusqu'à commettre l'irréparable.
Seule en scène, la comédienne vous saisit d'emblée. Elle vous prend par les yeux, par la main, par le cœur, et vous entraîne avec elle. Portée par un souffle qui ne faiblit jamais, elle vous happe, vous aspire dans un maelström d'émotions violentes et contradictoires. Impossible de lui échapper : elle ne vous lâche plus.
À travers les souvenirs d'Imène, dans une langue âpre, rugueuse, mais profondément sensible, se dessine peu à peu le parcours de Jasmine. Tout commence par un élément déclencheur, presque anodin : un intervenant extérieur, totalement à côté de la plaque, veut coûte que coûte obliger les élèves à parler de leurs rêves. En s'acharnant sur Jasmine, il fait naître en elle, d'abord par provocation, l'idée d'un « Grand Projet ». Un projet insensé qui permettrait enfin que « ça bouge, que quelque chose se passe », pour échapper à une réalité qu'elle ne supporte plus.
Lanceuse d'alerte, l'autrice, Catherine Benhamou, met en lumière l'engrenage implacable des réseaux sociaux. Peu à peu, Jasmine s'y laisse prendre, puis ligoter, avant d'y étouffer, incapable de s'en libérer. Prisonnière d'un piège qui se referme inexorablement sur elle, elle est conduite jusqu'à la catastrophe finale.
Comme dans toute véritable tragédie, si l'on en croit Anouilh dans Antigone,tout semble tenir à presque rien. « Il suffit de donner le petit coup de pouce de départ… rien… une question qu'on se pose… et après, ça roule tout seul… Il n'y a pas d'espoir. »
Une pièce d'une force rare, qui bouleverse autant qu'elle interroge, et qui laisse longtemps son empreinte après le tomber de rideau.
Michelle invitée des 2 M & Co PDF🖨️
05/07/2026
L'idée fonctionne vraiment bien : reprendre les codes de l'escape game pour parler de ce qui nous enferme, nous, pour de vrai. Entre les énigmes, les écrans et l'intelligence artificielle omniprésente, c'est surtout la complexité des relations humaines qui ressort peu à peu. Le suspense tient jusqu'au bout, et on se laisse facilement embarquer dans cette mécanique bien rodée.
La distribution, avec Yannick Blivet, Eric Boucher, Mathieu Hoarau et Michaël Msihid, donne beaucoup de relief aux personnages. Chacun apporte sa touche et rend crédibles ces vieilles amitiés mises à l'épreuve. Les échanges sont naturels, les émotions sonnent juste et les tensions montent petit à petit, ce qui garde une vraie intensité tout du long.
La scénographie joue aussi beaucoup dans l'immersion. Les éléments numériques ne sont pas là juste pour faire joli : ils deviennent presque un personnage à part entière, cette intelligence artificielle tantôt joueuse, tantôt inquiétante, qui semble tout savoir sur les protagonistes. Ce face-à-face entre technologie et émotions humaines parle d'ailleurs assez fort à notre époque.
Inscape Game est donc un thriller psychologique accessible, rythmé et malin. Il parle avec finesse de confiance, de non-dits et de la place de plus en plus grande de l'intelligence artificielle dans nos vies, tout en gardant le plaisir du spectacle.
Pascal-Les 2 M & Co PDF🖨️
05/07/2026
Sous la mise en scène d'Olivier Desbordes, le spectacle fait le choix de raconter avant tout une aventure humaine : celle d'une bande de jeunes artistes qui rêvent, créent, aiment et affrontent les difficultés de la vie avec une énergie bouleversante. La musique de Puccini conserve toute sa force émotionnelle, tout en s'intégrant naturellement à une mise en scène vivante et accessible.
La distribution, composée de Pauline Jolly, Charlotte Ruby, Maelise Parisot, Nicolas Hézelot, Ulysse Mbenzu, Simon Catrice, Justin Domenicone, Éric Allard-Jacquin et Louis Ouvrard, forme un collectif particulièrement attachant. Chacun trouve sa place dans cette histoire où les individualités se répondent avec justesse, donnant naissance à une véritable troupe, soudée et généreuse.
L'un des grands atouts du spectacle réside dans son équilibre entre théâtre et musique. Les émotions naissent autant des mots que des mélodies, permettant aux amateurs d'opéra comme aux néophytes de se laisser porter par cette histoire universelle d'amour, d'amitié et d'espoir.
Cette adaptation rappelle combien La Bohème parle encore de notre époque : des rêves que l'on poursuit malgré les obstacles, des liens qui nous construisent et de la fragilité des instants heureux. Sans jamais sombrer dans le pathos, le spectacle touche par sa sincérité et son élégance.
« La Vie de Bohème » est une invitation à redécouvrir un grand classique sous un jour nouveau.
Un spectacle généreux, porté par une troupe engagée, qui célèbre avec délicatesse la jeunesse, la création et la puissance des émotions partagées.
Pascal- Les 2 M& Co PDF🖨️
04/07/2026
Et de fait, Jean-Paul Farré colle parfaitement au personnage. Non seulement il en a le physique et l'âge, mais il en fait aussi jaillir toutes les émotions. L'amour, la colère, la douleur, la rage, la folie, la détresse : tout ce qui traverse Lear semble l'habiter profondément et nous atteint en plein cœur. Mais toujours avec une salutaire pointe d'humour et de distance. Avec une finesse jubilatoire, il s'amuse des excès, parfois irrésistiblement drôles, de l'univers shakespearien. Le spectateur passe ainsi sans cesse du sourire aux larmes devant ce clown triste, bouleversant et profondément drôle.
Ce roi est nu, ou presque : affublé d'un vieux jogging, muni d'un sac de voyage qui a connu des jours meilleurs, il évolue sur un plateau quasiment vide. Une simple chaise d'enfant lui sert de trône, tandis qu'une couronne en papier doré suffit à évoquer sa royauté déchue. Il a tout perdu, mais il habite la scène avec une présence extraordinaire. Pendant plus d'une heure, il captive son public, change de registre avec une maestria consommée, incarne tour à tour les différents personnages de sa cour qu'il brocarde avec gourmandise et fait preuve d'une autodérision savoureuse envers son propre personnage.
Jean-Paul Farré brosse ainsi les grandeurs et les misères de ce roi en ne retenant que l'essentiel : ce qui fait une vie, et ce qu'il en reste lorsque l'on en atteint l'hiver.
On ne peut qu'admirer la prouesse finale de l'acteur, qui nous offre quatre ou cinq variations de la scène d'anthologie où Lear, errant sous une tempête apocalyptique, convoque « vents, cataractes et ouragans ». Au cœur de sa folie surgit alors un éclair de lucidité : la grandeur n'est qu'une illusion et l'homme, dépouillé de ses titres comme de ses habits, n'est plus qu'un être de chair, fragile et démuni.
Et comment ne pas évoquer enfin ce délicat moment de grâce qu'offre la mise en abyme du duo entre le comédien et sa propre marionnette ? Une scène d'une infinie poésie qui nous ramène à cette célèbre phrase de Shakespeare : « C'est une histoire racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien. »
Michelle invitée des 2 M & Co PDF🖨️
30/06/2026
L'un des points les plus intéressants du spectacle, c'est son dispositif sonore immersif. Ici, la montagne prend vie autant par les sons que par le jeu des comédiens. De quoi laisser une belle place à l'imagination et nous plonger au cœur de l'ascension, entre souffle, silence et vertige.
Ce qui donne envie de découvrir Ondes de choc, c'est aussi cette idée d'un théâtre qui mêle émotion et réflexion. Derrière les parois rocheuses et l'effort physique, on retrouve des questions très simples et très humaines : pourquoi cherche-t-on à repousser ses limites ? Que reste-t-il d'un exploit une fois qu'il devient un récit ?
Mais Ondes de choc semble aller encore plus loin. En rappelant que des millions d'auditeurs ont suivi cette aventure en direct à la radio, le spectacle nous renvoie aussi à notre propre rôle de spectateur. Où se situe la frontière entre l'empathie et le voyeurisme ? Pourquoi sommes-nous si fascinés par les destins qui se jouent sous nos yeux , ou, ici, à nos oreilles ?
Cette mise en abyme résonne avec une étonnante modernité, à l'heure où chaque événement est relayé, commenté et suivi en temps réel.
Pascal - Les 2 M & Co PDF🖨️
30/06/2026
Dans une étonnante première scène où un lit occupe l’espace, nous sommes plongés dans l’univers de Max qui navigue d’écrans en écrans de manière compulsive.
On la suit dans son monde virtuel où elle finit par perdre contact avec la réalité et s’y retrouve bloquée sans possibilité d’en sortir.
On retrouve dans cette pièce les thématiques actuelles de notre société, l’addiction aux écrans et aux réseaux sociaux avec les dangers qu’ils représentent pour nos libertés de pensée.
Mais elle parle aussi de solitude, de souffrance et d’une quête désespérée pour créer du lien dans un monde de plus en plus individualiste et déshumanisé.
La présence d’une IA sous la forme d’un assistant vocal, Léo, qui échange avec Max questionne sur la place prépondérante du virtuel au détriment des rapports humains.
La comédienne Barbara LAMBERT est époustouflante dans son interprétation physique du rôle, enchaînant des chorégraphies évoquant les mouvements saccadés d’un robot.
Elle occupe la scène avec une présence virevoltante et dans la deuxième partie, plus statique, son jeu est empreint d’une charge émotionnelle qui nous touche.
La mise en scène est percutante, l’ambiance sonore et visuelle avec des jeux de lumière instaure une atmosphère envoûtante et frôle le fantastique par moments.
Même si nous pouvons regretter une fin qui s’étire un peu en longueur, cette pièce, qui éveille les consciences, a le mérite de nous confronter à nos propres comportements et de nous inciter à résister à un modèle de société de plus en plus déshumanisée.
Yolaine - Les 2M & Co PDF🖨️
27/06/2026
Ici, pas de décors monumentaux ni de débauche d'effets. Trois comédiennes seulement – Iana-Serena De Freitas, Gabrielle Grangeon et Mathilde Guêtré-Rguieg – donnent vie à une multitude de personnages avec une énergie, une précision et une inventivité qui invitent le spectateur à participer pleinement au voyage.
Une mention toute particulière mérite d'être faite à l'utilisation de la scène sur deux niveaux, véritable terrain de jeu pour les comédiennes. Cette scénographie, exploitée avec une remarquable intelligence, apporte une profondeur constante au récit. Les allers-retours entre les étages créent un dialogue permanent entre les personnages, multiplient les points de vue et insufflent un rythme cinématographique à la mise en scène. L'espace devient un partenaire de jeu à part entière, renforçant la poésie et l'énergie du spectacle. Une idée aussi simple qu'efficace, qui contribue largement à l'émerveillement du spectateur.
La marque de fabrique du Théâtre Les Pieds Nus est bien là : un théâtre de l'imaginaire, où le jeu, la lumière, les costumes et la musique suffisent à faire naître des mondes entiers. Les années folles rencontrent une esthétique contemporaine, le cirque flirte avec la comédie musicale, et derrière les paillettes apparaît une réflexion sensible sur les illusions, le désir et les mirages de l'American Dream.
Ce qui émerveille avant tout, c'est cette confiance absolue accordée au théâtre lui-même. Quelques accessoires, trois interprètes d'une remarquable générosité, et voilà que Gatsby renaît sous nos yeux, libre, vivant, profondément humain. Cette épure donne une force étonnante aux émotions et rappelle que les plus grands spectacles sont souvent ceux qui laissent toute la place à l'imagination.
Gatsby s'annonce comme une expérience théâtrale vibrante, inventive et généreuse. Une création qui ose revisiter un monument de la littérature avec fraîcheur, intelligence et poésie, et qui confirme une nouvelle fois le talent de la Compagnie Théâtre Les Pieds Nus pour faire surgir l'extraordinaire à partir de presque rien.
Pascal- les 2M & Co PDF🖨️