15/07/2025
L’écriture d’Ana PIEVIC est d’une immense finesse, pétri d’émotion et de sensibilité. Elle ressuscite l’âme slave au travers de musiques, chansons et danses tziganes russe et roumain, yiddish, bulgare…
Pablo PENAMARIA et Raphaël SETTY nous ensorcellent à la clarinette et à l’accordéon tout au long de cette merveilleuse aventure.
Les comédiens Ana PIEVIC, Bruce TESSORE, Pablo PENAMARIA et Raphaël SETTY sont de magnifiques et talentueux interprètes, passant avec brio de l’humour, de la joie à l’émotion, à la tendresse mais aussi à la réflexions sur la vie , l’amitié et l’amour.
Un splendide spectacle musical, une ode à l’amitié , à l’amour, à la liberté de choisir son vrai chemin de vie malgré les difficultés et les obstacles rencontrés. Le cheval est le symbole de la liberté dans la joie de l’enfance mais aussi dans l’aventure de Zoran et notre liberté que l’on oublie parfois d’écouter.
Ne ratez pas ce spectacle musical rayonnant d’humanité et d’amitié.
Bravo pour leur magnifique affiche qui nous entraîne déjà dans cette splendide aventure.
15/07/2025
Premier succès d’Harold PINTER, cette pièce tire son origine du vécu de PINTER qui, peu argenté, occupa un appartement voisin de celui de 2 frères dont l’un hébergea un clochard.
Formidablement incarnée par 3 excellents comédiens très imprégnés de leurs rôles, l’écriture de PINTER subtile, dérangeante, parfois drôle et riche de non-dits prend toute son ampleur. Le jeu des comédiens fort et parfaitement maîtrisé intensifie l’atmosphère.
Ce n’est pas vraiment du théâtre de l’absurde, il y a une intrigue qui progresse du début à la fin et les personnages ne sont pas totalement détachés de la réalité. Cependant la certitude de chacun est vacillante- pouvoir, folie, rêve- rien ne tient vraiment. La banalité apparente de la situation et des dialogues nous met face à trois hommes névrosés : l’enfermement mental tangible d’Aston, l’errance sociale et le trouble d’identité de Davies qui se noie dans une logorrhée incessante, la figure tendue et complexe de Mick, égaré entre le maître qu’il veut incarner et ce qu’il est dans un monde instable.
Fidèle au climat Pinterien, la troupe met l’accent sur les silences, jamais neutres et les non-dits que la mise en scène très épurée souligne habilement.
Ne manquez pas cette interprétation magistrale de Le Gardien, vous serez envoûtés, profondément troublés par cette figure symptomatique d’une société fracturée d’après guerre pas si éloignée de la nôtre .
Pascale - Les2M & Co
15/07/2025
Dès les premières minutes, le ton est donné avec une adaptation musicale du Pont Mirabeau de Guillaume Apollinaire. Cette ouverture, aussi inattendue que réussie, est une véritable étude pertinente et lumineuse du poème, qui fait entrer le spectateur en douceur dans l’univers à la fois érudit et léger du spectacle. Joubert parvient à conjuguer avec brio la poésie et la composition contemporaine, avec une inventivité joyeuse.
Ce qui frappe, c’est cette capacité rare à mêler finesse, humour et émotion, sans jamais tomber dans le didactisme pesant. Le spectacle s’adresse à tous les publics avec une bonhommie désarmante. On rit, on s’émeut, on apprend… et surtout, on participe, dans le sens le plus ludique du terme : celui d’un public qui joue le jeu et qui s' implique de bonne grâce dans l’aventure de la création.
Julien Joubert, en véritable passeur de musique, nous guide avec bienveillance et malice à travers les chemins de la composition. Il partage ses astuces, ses élans, ses doutes parfois, mais toujours avec cette joie communicative qui transforme chaque instant en plaisir partagé. Sa complicité avec le public est palpable, et la scène devient un espace d’expérimentation libre, joyeux et inspiré.
Au final, "Tout le monde écrit des chansons" est bien plus qu’un spectacle : c’est un moment de créativité, de poésie et de musique vivante. On en ressort le cœur léger, l’esprit inspiré… et avec, pourquoi pas, l’envie d’écrire à son tour sa propre chanson.
Un spectacle réjouissant, fin et profondément généreux, à ne pas manquer.
Michelle et Pascal les 2M&Co
15/07/2025
La scène est occupée par une silhouette sculptée, incomplète, comme suspendue dans l’espace. Cette œuvre, signée Bruno Catalano, sert de point d’ancrage à la pièce. Les danseurs gravitent autour, s’en éloignent, s’en rapprochent… et tout d’un coup, on comprend que ce n’est pas « juste » de la danse. C’est une exploration de nos manque(S), de nos fracture(S), de nos déchirement(S), nos déchirure(S), de ce qui nous construit par défaut.
Sans mots, tout passe par les corps. Et quels corps ! Huit interprètes, tous différents, tous magnifiques dans leur style, leur énergie. Ils bougent comme on pense, comme on rêve, parfois comme on tombe.
Un mélange des genres qui nous a surpris, c’est physique, organique, moderne. On sent des influences plurielles. Ce n’est pas une démonstration de technique, c’est une mise à nu.
Les costumes — créés par la chorégraphe Jade Janisset elle-même — méritent un vrai coup de projecteur. Simples mais porteurs de sens, ils jouent avec les textures, les asymétries, les superpositions, comme pour prolonger le thème du « fragmenté ». Rien de décoratif ici : ils accompagnent les mouvements, racontent des choses sans jamais détourner l’attention. Une belle continuité entre la pensée chorégraphique et l’esthétique visuelle.
Il y a des silences, de la lenteur, puis des explosions soudaines. La musique, signée Lorsay, enveloppe tout ça avec justesse, sans écraser les corps.
Nous nous sommes sentis émus, sans toujours pouvoir dire pourquoi. À un moment, nous avons eu les larmes aux yeux. Pas parce que c’était triste, mais parce que c’était vrai. Les absences qu’on porte, les fragments de nous qu’on cache, qu’on cherche à rassembler… c’est tout ça que nous avons vu sur scène.
Et ça nous a parlé. À nous, qui, ce soir-là, avons ressenti quelque chose de beau.
Pascal - les 2M & Co
15/07/2025
Le spectacle réussit avec sobriété à faire revivre ce destin tragique, sans pathos mais avec une tension constante. Le décor et la mise en scène, épurés et justes, servent parfaitement le propos, tout comme les costumes, très bien choisis, qui restituent l’époque avec finesse. Les comédiens, tous excellents, incarnent avec justesse une galerie de personnages tantôt complices, tantôt silencieusement coupables, parfois bourreaux sans scrupules.
Marie-Louise n’est pas idéalisée : elle est humaine, imparfaite, parfois dépassée. Mais comment justifier qu’on l’ait guillotinée pour avoir tendu la main à des femmes aux abois? Cette question hante la pièce et le spectateur. En filigrane, la dénonciation de la lâcheté d’une époque où la délation était une vertu et où les hommes se réfugiaient derrière la loi pour briser les femmes qui tentaient simplement de survivre.
Un seul bémol : les quelques chansons intégrées au spectacle, bien que sincères, semblent parfois en décalage avec la force du propos. Elles n’apportent , à mes yeux, ni respiration ni intensité supplémentaire, et peuvent casser le rythme de certaines scènes.
Malgré cela, La Faiseuse d’anges est un spectacle fort, nécessaire, d’une belle tenue artistique et profondément humain. Une pièce qui interroge, dérange, et réveille — comme le théâtre devrait toujours le faire.
Michelle invitée des 2M & Co
15/07/2025
Un huis clos captivant, intense, happé par une joute verbale de haut vol où l’amour, la jalousie et la manipulation s’entremêlent subtilement.
Une heure haletante (Elle n’est pas là, pas encore), entre tendresse et cruauté où les acteurs au sommet de leur art offrent une réflexion mordante sur le couple dans une ambiance incertaine et vibrante. Le temps est suspendu, chaque silence, chaque regard compte.
L’intensité dramatique règne en maître dans cette écriture soignée, ce texte ciselé par Sylvain MEYNIAC. L’attente révèle les failles, les tensions, les désirs et les faiblesses intérieures.
Ne ratez cette pièce sous aucun prétexte, c’est un joyau rare tant par le texte que par l’interprétation sublime. Vous allez entendre avec délice deux hommes qui parlent d’amour.
Pascale - Les 2M & Co
15/07/2025
Les quatre comédiens Xavier de GUILLEBON, Maud IMBERT, Jérôme KEEN, Sylvia ROUX interprètent la pièce avec brio.
Construite comme une comédie absurde et décalée, la pièce joue sur un mélange d’humour et d’émotion. Le décor, meubles en carton, vaisselle jetable, symbolise l’apparence et souligne le paradoxe du texte.
. À travers des situations farfelues et des dialogues ciselés, la pièce explore les mécanismes d’isolement, le besoin de paraître heureux, la manière dont les relations se transforment, y compris la remise en question de la structure amoureuse.
Tout cela est porté par un humour subtil et une vraie profondeur humaine.
Allez voir cette pièce emblématique de l’écriture d’Harold PINTER. Derrière l’apparente légèreté comique, elle questionne en profondeur. Vous allez croiser la banalité de notre quotidien et de nos conversations, réfléchir au sens de nos vies. Un petit bijou plein d’humour et de réflexions à mener....
Pascale - Les 2M & Co
15/07/2025
Deux êtres vieillissant approchent de l’abîme dans une solitude extrême.
Animés de réactions plus ou moins incohérentes dans un espace-temps entre la vie et la mort, les deux personnages imaginent, conjurent le sort. Ils fuient les réalités de la vieillesse et de l’isolement, se fabriquent un univers. Ils vont jusqu'à convoquer des invités invisibles et échanger avec eux. C’est tout un jeu magnifiquement mis en mots, gestes, postures, mimiques, répétitions, oppositions, contradictions.
Le texte prend toute son ampleur, à la fois drôle et touchant, profondément humain.
Si vous aimez IONESCO, vous serez séduits par la maestria des deux comédiens qui servent le texte avec virtuosité. Si vous ne connaissez pas cette œuvre, que IONESCO vous question ne, courez-y, vous allez être subjugués, bouleversés, par ces deux excellents comédiens et leur détresse .
Thierry HARCOURT met aussi en scène L’ Amant d’ Harold PINTER au Chêne Noir.
Pascale - Les 2M & Co
15/07/2025
Récit fascinant d’une page méconnue de l’histoire de l’Art, la pièce met en lumière un personnage extraordinaire : HanVAN MEEGEREN. Peintre néerlandais , artiste frustré, rejeté par la critique, il est devenu l’un des plus célèbres faussaires du xxe siècle, il est même allé jusqu'à vendre un faux à Göring ce qui lui vaut, ironie du sort sa renommée mondiale.
Benoît GOURLEY incarne ce personnage en une performance jubilatoire, surprenante et pleine de finesse. François BARLUET, non moins talentueux, auteur, metteur en scène de la pièce, passionné d’Art et comédien sert le rôle d’expert en histoire de l’Art avec brio et embarque avec lui cette pièce vers l’Excellence . Erudit, élégant et très pointu, son jeu subtil oscillant entre sceptique et fin connaisseur, crée un suspens tout au long de la piece. Une lumière en clair-obscur sur scène ajoute une touche délicate à notre perception de l’ambiance.
Un humour fin éclaire ce scandale artistique retentissant et offre à Han Van Meegeren la chance de s’expliquer. Le spectateur se rallie peu à peu à la cause de Han Van Meegeren. Cette pièce originale tant par sa facture que par son thème explore les techniques de falsification, la spoliation nazie, la notion de faux dans l’Art. À l’heure où les images fasifiées et les fake news envahissent notre quotidien, comment ne pas être emballé par cette supercherie historique et ses conséquences.
Ne ratez pas cette formidable pièce intelligente, drôle, pleine d’humour et de finesse. Vous allez vous régaler, sortir instruits, convaincus et enchantés de cette rencontre. N’oubliez pas de réserver car elle remporte un franc succès .
Pascale - Les 2M & Co