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Enfants fantômes 💖💖💖

24/07/2025

Enfants fantômes 💖💖💖

C’est un théâtre rare, de ceux qui prennent le temps. Le temps d’écouter, de ressentir, de s’émouvoir. Enfants Fantômes donne voix à ceux qu’on ne voit pas, ou qu’on ne veut plus voir : les enfants oubliés, déplacés, blessés, invisibles.

À travers cinq tableaux, la pièce tisse les récits d’êtres fragiles mais lumineux. Il ne s’agit pas de faire pleurer dans les chaumières : ici, la douleur n’est jamais gratuite, elle est transformée. Sublimée.

C’est aussi un théâtre qui fait confiance aux jeunes comédiens, et cela se sent. Ils jouent juste. Sans fard. Leur présence sur scène est bouleversante de sincérité. Ils ne surjouent pas : ils témoignent.

Agnès Delcourt signe un texte délicat. On sent, derrière chaque mot, un profond respect pour les histoires qu’elle raconte. Le personnage de Florence, journaliste en quête de sens, agit comme un miroir pour le public. Elle observe, écoute, questionne – sans jamais juger. Et dans cet espace d’attention, les voix s’élèvent, les silences aussi.

Le texte est épuré, percutant, et d’une grande justesse émotionnelle.


Pas besoin de grands artifices ici. La mise en scène mise tout sur la présence et la voix. Quelques éléments visuels, une musique discrète signée Léonard Delcourt, et surtout beaucoup de respect pour l’espace du spectateur. On respire avec les personnages. On écoute, on s’interroge. On sort de là un peu changé.

 

Ce qui m'a plu c'est l’équilibre entre le grave et le tendre, entre le témoignage et l’imaginaire, entre les enfants et les adultes. On ne se sent pas accablé en sortant. On se sent réveillé. Enfants Fantômes ne donne pas de leçon, il donne envie d’ouvrir les yeux. D’écouter ceux qu’on n’entend jamais. Et surtout, de croire encore à la force des récits partagés.


En sortant de L’Incongru, le silence de la salle résonnait encore en moi. Les enfants fantômes n’étaient plus invisibles. Ils étaient là, debout, vivants, lumineux. Et je les remercie.

 

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Le malade imaginaire 💖💖💖💖

24/07/2025

Le malade imaginaire 💖💖💖💖

Dès les premières minutes, le ton est donné. Exit le décor d’époque et les perruques poudrées : le metteur en scène et comédien Tigran Mekhitarian choisit de plonger Argan dans un univers contemporain, tendu, presque urbain. L’hypocondrie devient ici le reflet d’un mal-être existentiel, ancré dans notre époque : peur de vieillir, besoin de contrôle, tyrannie affective.

Mais que les amoureux de Molière se rassurent : le texte original est là, respecté, ciselé… et transcendé. Les alexandrins claquent, les répliques font mouche. Et pourtant, le spectacle respire la modernité à chaque instant. L’intelligence de cette adaptation, c’est de jouer avec les codes sans jamais les trahir.

 

Ce qui frappe, c’est la force du rythme : musique live sur scène (guitare, percussions), chansons originales qui oscillent entre slam, rap et ballade poétique, mouvements chorégraphiés… On ne regarde pas seulement une pièce, on vit une expérience.

Les comédiens sont tous d’une justesse rare : six artistes sur scène, un souffle collectif, une complicité palpable. Mention spéciale à la comédienne qui incarne Toinette, malicieuse, brillante, et à Marine, qui donne à Angélique une fraîcheur et une détermination très actuelles.

 On rit, on s’attendrit, parfois même on est saisi par l’émotion.
Au-delà du plaisir de spectateur, cette version du Malade Imaginaire nous tend un miroir : l’obsession de la santé, le patriarcat en crise, les injonctions familiales, la quête d’autonomie des jeunes femmes… Autant de thèmes qui, dans cette mise en scène, trouvent une résonance très contemporaine.

 

Loin d’être une leçon ou un simple exercice de style, la pièce questionne notre époque, avec finesse et humour. Elle nous rappelle aussi que le théâtre, quand il est bien fait, n’a pas besoin d’être poussiéreux pour être fidèle.

 

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La soeur de Jésus-Christ 💖💖💖💖

24/07/2025

La soeur de Jésus-Christ 💖💖💖💖

Tout commence au lendemain d’un drame. Maria, sublime et muette, traverse son village armée d’un Smith & Wesson pour retrouver l’homme qui l’a agressée.

Une  traversée, une quête, une traque. Et tout le village — littéralement — la suit, emporté malgré lui dans cette odyssée vengeresse. Le public est happé dès les premières secondes par la voix unique du narrateur, haletante, ininterrompue, incantatoire.

Un souffle qui ne faiblit jamais, un chant d’un seul tenant, à la manière d’un griot ou d’un chœur antique moderne.

 

Maria ne parle pas. Et pourtant, on la connaît intimement. Son enfance, ses secrets, ses blessures, sa sensualité, ses absences, sa rage contenue, son mystère, sa solitude sublime… tout cela est restitué par la parole du narrateur, qui incarne à lui seul tout un village : les ouvriers, les footballeurs, le club des  chasseurs, celui des motards, les commerçants, la vieille institutrice, l’amoureux secret, la" meilleure amie", les commères, les invisibles solidaires, les parents de Maria, la mère de l agresseur ....et j'en oublie. C’est un seul en scène multiple, une partition chorale offerte par une seule bouche — prodigieux tour de force d’interprétation et d’écriture.

 

Et la scène se peuple peu à peu. Des costumes suspendus apparaissent, flottants, fantomatiques mais incarnés, formant un chœur silencieux mais éloquent, qui entoure Maria, commente ses choix, l'encourage, la juge, la critique ou la soutient. On est entre tragédie grecque,  le western biblique, et  la fable cathartique, le tout accompagné par une musicienne protéiforme qui peut, selon le moment, jouer de l' accordéon ou du violoncelle ou du piano. C’est brûlant, drôle parfois, surtout déchirant.

 

Et puis, il y a cette image finale, gravée dans la rétine : Maria, reine d’une procession inattendue, figure christique d’un nouveau genre, qui entraîne dans son sillage  tout un peuple en marche — non vers la croix, mais vers une justice à elle, implacable, organique, furieuse...face à Angelo, le couillon.

 

On sort de ce spectacle lessivé, bouleversé, admiratif. La mise en scène, précise, poétique, radicale, épouse à merveille le texte et son urgence. L’interprète est saisissant, entre puissance brute et tendresse infinie. Et le texte, incandescent, dit quelque chose de rare sur la communauté, la colère, la sororité, et la possibilité du soulèvement.

La sœur de Jésus Christ n’est pas un simple spectacle. C’est une chevauchée sauvage, un cri, une prière, une révolte. C’est un miracle de théâtre.

 

Michelle invitée des 2 M & Co                    pdf 🖨️

Faire commune 💖💖💖

23/07/2025

Faire commune 💖💖💖

La mise en scène nous emporte dans le tumulte des révoltes, dans le fracas des luttes, mais aussi dans la chaleur de la solidarité. On y sent battre le cœur d’hommes et de femmes qui, par leur courage, leur engagement et leur fraternité, ont façonné une communauté soudée face aux épreuves.

 

C’est un spectacle engagé où l’on passe du rire aux larmes, porté par une ferveur sociale et républicaine chaleureuse et réconfortante,  ce qui, en ces temps où l’égoïsme et l’individualisme semblent gagner du terrain, agit comme un baume bienfaisant.

On se sent moins seul, entouré, soutenu.

On sort de la salle reboosté, la foi en l’humanité regonflée, prêt à repartir pour de nouvelles luttes.

 

Un grand merci et un grand bravo aux acteurs pour cette performance joyeuse et généreuse, qui nous rappelle que le théâtre peut aussi être un acte de résistance et de fraternité.

 

Michelle invitée des 2 M & Co   pdf🖨️

LE JEU DE L'OIE DU COLLÉGIEN 💖💖💖

23/07/2025

LE JEU DE L'OIE DU COLLÉGIEN  💖💖💖

Ambiance scène de classe, un tableau noir, une table, deux chaises qui font office de bureau et un jeu de l’oie géant avec un dé en mousse.A tour de rôle ils le lancent pour déterminer un lieu à partir duquel ils vont pasticher leurs personnages.

 

Tout le monde en prend pour son grade!Du professeur hystérique, à celui qui les endort en leur faisant apprendre des choses parfaitement inutiles sans oublier le prof qui les fait courir sous la pluie dès 8h du matin.L’infirmière scolaire n’y coupe pas, elle n’est jamais là et ne donne que du sucre avec de l’eau.

 

Leurs camarades aussi complètent le tableau. Il y a le tricheur, celui qui triche avec panache et ne se fait jamais prendre;le fayot toujours prêt à se faire bien voir 

qui postule pour être délégué de classe, les bavards qui perturbent, selon les professeurs, et Jay6k, la bimbo!

Bien sûr les caricatures sont féroces, avec un zeste de vérité tout de même.

On pourrait être vexés ou fâchés si l’on se reconnaît dans un des personnages mais c’est tellement drôle et bien joué qu’on ne peut pas leur en vouloir.

 

L’utilisation des marionnettes à main permet d’imiter différents personnages en créant une distance avec le comédien et rajoute de l’originalité dans la mise en scène. Anaïs et Vadim sont complices dans le jeu et c’est avec spontanéité et naturel qu’ils évoluent tout au long de la pièce en adoptant le langage, les postures, les mimiques de leurs âges

.Un beau moment musical avec une interprétation au saxophone par Vadim qui apporte une respiration dans l’exubérance du spectacle.

 

Spectacle à partir de dix ans qui réjouira adolescents, parents et personnel de l'éducation nationale enfin peut être pas tous.

 

 Plus que deux jours pour en profiter, courez-y.

 

Yolaine- les2M & Co

A L'AVENIR 💖💖💖💖

22/07/2025

A L'AVENIR 💖💖💖💖

Dans la famille Dutellier on demande le grand-père, le fils , la belle fille, la sœur, le petit fils.

 

Comme toutes les années depuis des lustres ils partent en vacances dans la maison familiale. Le ton est donné dès le début avec le jeune fils Lucas qui leur annonce avec un grand sérieux que son projet est de devenir président des États Unis.

 

Dans cette tribu excentrique où tous ne partagent pas les mêmes ambitions, cette déclaration extravagante va contribuer à faire bouger les lignes, réveillant pour certains des espoirs enfouis et pour d’autres faisant ressurgir des regrets.

 

Par petites touches ils vont dévoiler leurs failles, du grand-père chirurgien alcoolique à la belle fille dépressive, frustrée dans sa vie de couple et professionnelle. Le mari pourtant dessinateur de talent qui s’est endormi dans une routine confortable est passé à côté d’une carrière artistique prometteuse tandis que sa sœur  est prête à tout pour se faire une place au soleil.

 

C’est dans une succession de situations pleines de rebondissements que la pièce nous embarque au sein de cette famille où chacun de nous peut s’identifier au point de vue de l’un ou l’autre des personnages .La question est de savoir si l’ambition doit guider nos choix et si ne pas en avoir fait de nous des êtres non accomplis.

 

La pièce est construite avec des allers retours dans le temps qui éclairent au fil de l’histoire la psychologie des personnages.Les comédiens sont tous excellents!

 

Lucas est une pépite, en jeune homme naïf qui se projette avec enthousiasme dans des projets les plus « déjantés ». Le grand-père,joué par Jean Marc CATELLA, incarne un superbe patriarche à la fois drôle et pathétique.

 

Pour décor un portant où sont suspendus des costumes derrière lesquels les comédiens se changent pour incarner des rôles secondaires identifiés par leurs vêtements. Des éléments spécifiques chaises ,tables, pédalos servent à marquer les changements de lieux.

 

Une scénographie très originale qui donne au spectacle un rythme trépidant où les jeux de lumière jouent parfois à isoler un personnage pour lui permettre une réflexion intérieure destinée au public.

 

Dans cette pièce signée Didier CARON,où il joue l’annonceur dans les changements de scène, on est partagés entre rires et émotions, avec une tendresse pour tous les membres de cette famille qui nous délivrent un message d’espoir dans un "happy end"

 

Plus que 2 jours, aujourd’hui c’est relâche pour en profiter réservez dès maintenant.

 

Yolaine - Les 2 M&Co

Le village de l'allemand 💖💖💖💖

22/07/2025

Le village de l'allemand 💖💖💖💖

Portée par le jeu fort, juste et d’une grande sensibilité de Valérien Moutawe et Nicolas Moisy, cette mise en scène signée Luca Franceschi nous embarque dans une quête d’identité vertigineuse, entre mémoire, filiation et responsabilité.

Les rôles secondaires évoluent dans un ballet fluide, au sein d’un décor sobre mais évocateur, qui épouse la douleur des personnages.

 

Les mots sont durs, mais nécessaires. Ils bouleversent autant qu’ils libèrent. Ce théâtre-là ne juge pas, il questionne. Il résiste, au nom de la liberté d’expression et de la justice.

 

 Alors que Boualem Sansal lui-même est aujourd’hui réduit au silence, cette œuvre devient un acte politique, un cri de vie contre tous les totalitarismes.

On en sort remué, un peu groggy.. Un moment de théâtre rare, indispensable qui nous fait nous sentir plus humains.

 

A ne pas rater

 

Pascal les 2 M & Co

Le premier homme 💖💖💖

21/07/2025

Le premier homme 💖💖💖

Lui est professeur de philosophie, posé, intellectuel, un brin désabusé. Elle, dirige une entreprise et se retrouve propulsée dans la lumière en devenant ministre.

Ce changement de statut agit comme un révélateur des équilibres de leur relation : le regard de l’autre, la pression médiatique, les rôles sociaux, et cette fameuse notion de "place" dans le couple.

 

Mais là où d’autres auraient choisi le ton de la dénonciation ou de la satire acerbe, Hugues Leforestier préfère celui de l’élégance et de la nuance. Le texte, joliment ciselé, mêle humour et tendresse avec une belle économie de mots. Il interroge les stéréotypes de genre, le pouvoir, la masculinité et la féminité, sans donner de leçons ni pointer du doigt.

 

Sur scène, Nathalie Mann et Hugues Leforestier forment un duo solide. Leur complicité est évidente, et cela rend les dialogues vivants, drôles, parfois mordants mais toujours justes. On sent que ces deux-là se connaissent bien, dans le jeu comme dans les silences, et cela donne au spectacle une humanité précieuse.

 

La mise en scène est sobre mais efficace, laissant toute la place au texte et au jeu. Les changements d’ambiance passent par des lumières subtiles et une bande-son bien choisie.

 

Le Premier Homme n’est pas une pièce à grand fracas, mais justement : elle séduit par sa simplicité, son authenticité. Elle nous invite à réfléchir sans lourdeur, à sourire d’un miroir qu’elle tend gentiment au public. Les spectateurs rient, s’émeuvent, parfois se reconnaissent.

 

Pascal - les2 M & Co

Juste Iréna 💖💖💖💖

21/07/2025

Juste Iréna 💖💖💖💖

Quand la pièce commence Irena a 98 ans et personne ne peut imaginer ce qu’a été son parcours héroïque.

 

3 jeunes filles enquêtent sur l’histoire d’Irena et reconstituent les  bribes de sa mémoire. Son nom est inscrit sur le Mur des Justes, aux yeux du peuple juif, elle y a sa place pour avoir soustrait des enfants juifs à la  persécution des nazis. Son histoire s’éclaire  au fil de la pièce polymorphe qui mêle avec subtilité théâtre, théâtre d’ombres et magnifiques marionnettes.

La scénographie, les jeux de lumière et l’esthétique visuelle sont  absolument superbes et sensibles et offrent une expérience théâtrale riche et poétique. L’atmosphère est subtile et intense, très pudique. 4 comédiennes de talent, justes et capables de transmettre de grandes émotions nous touchent avec  leur jeu alliant intensité et sobriété sans pathos.

C’est un spectacle coup de cœur qui combine une forte intelligence émotionnelle et une portée pédagogique.

 

Allez y absolument et offrez vous, en famille, ce petit bijou riche, tendre et magnifique.  Vous ne regretterez pas ce voyage retour dans l’Histoire.

 

Pascale - Les 2M & Co