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06/10/2026
Leïla GUINOUN, pédiatre à Marseille, rédige un manifeste pour que les médecins prescrivent dès la naissance une ordonnance culturelle pour l’enfant. Elle affirme, et étaye son propos qu’elle émaille d’exemples vécus, que l’Art sous toutes ses formes peut déraciner la violence. En effet, pendant l’exercice de son métier, elle a pu mesurer l’ampleur et la réalité du problème, et voir combien les parents, soucieux de la santé de leur enfant sont ouverts aux conseils prodigués lors de la consultation. Pourquoi, alors, ne pas « profiter » des médecins, les mieux placés, de leur compétence, de leur proximité, de leur légitimité, de la confiance que leur accordent les familles pour prescrire une ordonnance culturelle dès la naissance de l’enfant ?
Le rôle fondamental de la culture : lecture, musique, théâtre, exposition, musée, jeux, nature sont des ingrédients indispensables au neurodéveloppement de l’enfant, nous en avons aujourd’hui les preuves scientifiques. L’éveil culturel améliore les performances psychomotrices, cognitives, émotionnelles et sociales de l’enfant tout au long de sa vie. L’éveil culturel agit directement sur l’organisation précoce du cerveau humain et façonne l’avenir cognitif, émotionnel et social de l’enfant.
« De nombreux efforts, à intensifier, sont faits pour que la culture soit accessible à tous et que le frein financier ne pèse pas, il faut aussi le faire savoir aux parents. »
Leïla GUINOUN termine son ouvrage avec des ordonnances culturelles -types allant du bébé avant 6 mois à l’enfant de 2-3 ans. L’ordonnance culturelle est une idée formidable et porteuse d’espoir. Une lecture intéressante riche d’un message positif à l’intention des parents, des soignants, des aidants PMI, ASE, assistants sociaux, éducateurs, enseignants. Un large public qui sera aisément convaincu à la lecture de l’ouvrage.
Leïla GUINOUN
Franco-algérienne, Leïla GUINOUN connaît le problème de l’immigration et la difficulté à adopter une culture ou l’autre.Elle ajoute : L’ouverture qu’offre la culture pourrait remédier à la crise d’identité qui amène à un radicalisme religieux par souci d’appartenance. Ainsi, l’enfant, nourri de cet apport culturel ne se sentirait plus étranger à un monde dont il ne connaît pas les codes et n’en éprouverait plus le rejet dû au sentiment d’exclusion, cause de la violence. Si l’enfant change, l’adulte qu’il deviendra change aussi.
Pascale - Les 2M & Co
26/03/2026
Dès le début du roman, je suis séduite par le personnage de Basilio, jeune paysan autodidacte qui porte un regard naïf et contemplatif sur le monde qui
l’entoure.C’est dans la douceur du marais qu’il nous promène pour saisir la meilleure lumière, les couleurs de la rosière et surprendre le héron cendré dans la
dignité de sa posture.
Obsédé par l’idée de vouloir rendre le réel, il veut doter son héron de l’énergie du vivant.Le style est fluide, le récit très visuel, empreint de fraîcheur et on
progresse dans la lecture avec ce personnage solaire et attachant.
Jusqu’au bombardement qui vient faire rupture et fait voler en éclat la sérénité du lieu.
C’est avec pudeur et retenue que Antoine Choplin retrace la violence de l'attaque et l'enfer qui se déchaîne sur la population.
Basilio, témoin direct de l’attaque a tout vu, les corps, la douleur, les ruines et les marais dévastés. Une question le taraude à propos du tableau Guernica,
Comment rendre compte d’une chose à laquelle on n’a pas assisté?
C’est avec cette interrogation qu’il se rendra à Paris rencontrer Picasso. De cette rencontre fictive l’auteur met en perspective la dualité entre l’objectif du réel
et la part de ressenti propre à l’art. Par ailleurs, au-delà du beau il s’érige aussi en gardien de la mémoire individuelle et collective.
Ce livre qui transporte du sublime à l’horreur a été écrit en 2011 et résonne d’autant plus aujourd’hui avec le contexte international.
“L’art est un témoignage qui vous fait comprendre la vérité.” (Pablo Picasso)
Yolaine - Les 2M & Co
01/03/2026
Un livre intéressant par l’originalité de son propos : partir d’objets retrouvés dans la maison familial pour tenter de retrouver ou du moins d’évoquer l’histoire de vie de ses descendants.
L’auteur aborde des thèmes importants comme la place de la femme mais aussi de l’homme dans la première moitié du vingtième siècle. La femme est soumise à son mari, mariage souvent arrangé et décidé par le père. Elle s’occupe de la maison et des enfants . Elle se doit d’ accepter toutes les décisions et les comportements de son mari même s’il fait preuve de violence.
L’homme se doit d’être fort, de gérer les biens de la famille pour la faire vivre dans les meilleures conditions possibles. Par contre, il est libre de mener sa vie comme il l’entend.
Cet ouvrage est traversé par les deux guerres avec toutes les difficultés et les drames qu’elles entraînent : la vie dans les tranchées, la mort, l’importance du rôle des femmes amenées à remplacer les hommes, la collaboration et ses conséquences dans la deuxième guerre mondiale.
C’est un roman universel et intime
Mais la question essentielle et vitale de ce livre est l’impact que l’histoire de nos ancêtres peut avoir sur notre propre vie. Laurent MAUVIGNIER interpelle sa généalogie pour tenter de comprendre et s’expliquer le décès de son père par suicide en 1963.
L’émotion qui traverse ce livre est dans cette recherche, cette quête.
Une magnifique écriture : les longues phrases de l’auteur sont d’une ampleur « proustienne » éblouissante mais gardent une belle légèreté. La langue française est magnifiée. Un travail d'orfèvre qui dit la complexité humaine comme jamais.
Un livre intéressant par les thèmes abordés à la fois universels et intimistes, une quête émouvante de l'auteur et une écriture ciselée mais peut-être un peu long !
Mireille - Les 2M & Co
05/02/2026
A travers ses personnages romanesques, l'auteure aborde des thèmes importants comme la recherche d'identité dans l'exil mais aussi dans le retour au pays.
Mathilde en arrivant d'Alsace dans le bled par amour pour son mari se confronte à un système de valeurs, à une religion qu'elle ne connaît pas.
"Mon identité est liée à celle des autres mais aussi à celle que je connais, que l'éducation a pu me donner des autres" souligne Leïla SLIMANI.
Amin qui a été un héros pendant la guerre en France, se retrouve un indigène dans son pays, rejeté par les colons. Ces derniers possèdent les bonnes terres et lui se retrouve avec sa terre miséreuse. Un racisme réciproque.
La place de la femme dans la société de l'époque en France et surtout au Maroc est prépondérante. La femme est soumise à la décision de l'homme et reste au foyer à élever les enfants. Ainsi, la jeune sœur d'Amin est dans l'obligation d'accepter le mariage imposé par son frère pour sauver la réputation de la famille. Le corps de la femme au Maroc appartient à l'Etat, à la société , au mari, au frère ou au père. La femme ne peut pas en disposer. L'auteure ne peut pas appréhender un personnage sans raconter son corps. Aïcha et Mia se battent pour la liberté de la femme ( l'accouchement, la connaissance du fonctionnement de leur corps pour Aïcha et la liberté du choix de sa sexualité pour Mia)
La liberté de la femme est -elle possible dans ce contexte social et politique?
A travers le cheminement de vie de ses personnages, l'auteure aborde ces points de vues souvent douloureux, ce qui fait la force de cet ouvrage.
C'est également à travers ce que vivent les personnages que nous accédons à l'histoire de ce pays du Protectorat jusqu'à l'ascension du roi Hassan II et non pas par une description des évènements politiques.
Une belle écriture qui nous plonge avec émotion dans la complexité de sentiments de ses personnages au sein de l'histoire du Maroc.
A lire absolument
Mireille - Les 2M & Co
30/01/2026
C’est l’histoire de deux coeurs brisés qui vont petit à petit avancer dans leurs deuils grâce à cette cabine.
Takeshi, chirurgien et père d’une petite fille est veuf suite au décès de sa femme d’un cancer.
Yui, journaliste radio, a perdu sa fille et sa mère lors du tsunami de 2011 .
Lui est déjà un habitué des lieux quand il rencontre Yui . Pour elle, il va falloir du temps, de nombreuses visites pour qu’elle parvienne à parler dans le combiné.
Puis, un rituel s’instaure. Ils se retrouvent pour effectuer leurs appels avant d’échanger avec le gardien et sa femme.
Au fil des pages, le lecteur découvre leurs vies d’avant, leurs sentiments actuels, les joies simples du passé, les rencontres avec d’autres cabossés de la vie. Chacun s’empare de ce téléphone du vent à sa manière. Certains donnent des nouvelles de la famille, d’autres posent des questions ou partagent leur colère, leur tristesse.
Ce livre est à la fois puissant et tendre, c’est un délicieux roman rassérénant et poétique qui fait voyager.
Offrez-vous cette belle lecture sans hésiter !
Pascale - Les 2M & Co
19/01/2026
A partir d’un simple élément, le commissaire commence à creuser, persévère et découvre avec horreur une histoire sordide qui n’est que le sommet de l’iceberg.
En nous plongeant dans une Islande froide, REYKJAVIK grise et pluvieuse, Arnaldur INDRIDASON nous entraîne petit à petit dans les méandres de cette enquête avec brio. Le décor et l’ambiance sont très vite posés, il n’y a pas de temps mort, le raisonnement et l’intrigue sont poussés, crédibles et prenants.
Le commissaire Erlendur n’est pas sans rappeler la mélancolie du fameux inspecteur WALLANDER du suédois HENNING MANKELL. Taciturne vieux de la vieille qui a ses propres façons de faire, très doué dans son travail mais avec une vie de famille chaotique, le commissaire, dans sa relation avec sa fille EVA prend une dimension plus humaine, moins austère, là aussi cela avance…
La famille est au centre du roman tant dans l’enquête que dans la vie d’Erlendur. La famille est la clé de tout. La génétique trouve aussi sa place avec des questions : sommes-nous le reflet de nos parents ? Naissons-nous mauvais si un de nos parents l’était ? Les secrets et les non-dits pèsent lourd…
La condition de la femme et surtout le tabou sur les agressions sexuelles habitent le roman, on mesure l’évolution des mentalités aujourd’hui dans la police mais la parole de l’homme fait souvent office de vérité.
Le saviez-vous ? La terre de glace est le pays où l’on compte le plus d’écrivains et où on lit le plus, proportionnellement à la population (360000 population de la ville de TOURS).
Ne vous privez pas de ce romancier incontournable, à l’univers très noir, il écrit avec la cité des Jarres un roman prenant, authentique et obsédant.
Pascale - Les 2M & Co