25/03/2026
En avril 1937, à Guernica, Basilio ,un jeune homme peintre amateur, occupe son temps à peindre des hérons cendrés dans les marais pendant que la population terrifiée craint l’arrivée des nationalistes.
Après le bombardement, le prêtre du village qui a décelé chez le jeune homme un talent insoupçonné, l’encourage à aller à Paris pour rencontrer Picasso et découvrir son tableau Guernica qui va être présenté à l’Exposition Universelle dans le pavillon espagnol.
Dès le début du livre, j’ai été séduite par le personnage de Basilio, jeune paysan autodidacte qui porte un regard naïf et contemplatif sur le monde qui l’entoure.
C’est dans la douceur du marais qu’il nous promène pour saisir la meilleure lumière, les couleurs de la roselière et surprendre le héron cendré dans la dignité de sa posture. Obsédé par l’idée de vouloir rendre le réel, il veut doter son héron de l’énergie du vivant.
Le style est fluide, le récit très visuel, empreint de fraîcheur et l’on progresse dans la lecture avec ce personnage solaire et attachant.
Le bombardement vient ensuite créer une rupture et fait voler en éclat la sérénité du lieu. C’est avec pudeur et retenue que l’auteur retrace la violence de l’attaque et l’enfer qui se déchaîne sur la population. Basilio, témoin direct à tout vu, les corps, la souffrance, les ruines et les marais dévastés. Une question le taraude à propos du tableau: comment rendre compte d’ une chose à laquelle on n’a pas assisté? C’est avec cette interrogation qu’il partira à Paris découvrir le Guernica de Picasso.
A travers cette rencontre fictive, l’auteur explore la frontière entre ce que l’on voit et ce que l’on ressent dans une oeuvre.
“L’art est un témoignage qui vous fait comprendre la vérité.” (Pablo Picasso)
Yolaine - Les 2M & Co