11/02/2026
Tes mains me caressent
Tes mains me blessent
Tes mains me fascinent
Tes mains m’assassinent …
Landy ANDRIAMBOAVONJY
Invitées au théâtre L’Artéphile pour une journée professionnnelle en janvier 2026 nous avons été subjuguées, émues aux larmes par la pièce « Tes Mains » de la compagnie VENDAVAL, adaptation du livre « Blessées à Mort » de Séréna DANDINI.
Un véritable hommage à toutes les femmes victimes de violences.
C’est un spectacle original, les protagonistes sont toutes décédées. Les comédiennes réussissent la prouesse d’embrasser le thème des féminicides dans une remarquable pièce époustouflante de beauté et de douceur où sont évoquées toutes les sortes de violences.
Tout est là: la danse, le théâtre, la musique, le chant, la poésie, la lecture, pour donner voix à ces femmes dans de brefs monologues où leur parole est libérée.
Les deux formidables comédiennes au plateau, Caméla ACUYO et Nathalie PAGNAC , sont des « passeurs » et nous devenons témoins des drames provoqués par une société encore machiste, des traditions cruelles, des mentalités arriérées. Ce sont des femmes de tous horizons, avec des spécificités linguistiques et stylistiques très variées qui brossent un portrait socioculturel et psychologique infiniment vivant. C’est une lecture, il ne s’agit pas d’incarner ces femmes, ce n’est pas une interprétation des personnages (ce qui procure une distance avec les monologues d’une réalité poignante) . Il est question de porter leurs voix.
Les artistes véhiculent les écrits de Séréna DANDINI.
La scénographie est à la fois simple et subtile : une sorte de salle d’attente silencieuse et vide avec des chaises de chaque côté et des chaussures rouges devant chaque chaise, beaucoup d’autres chaussures alignées au fond. Une paire, une femme et son histoire.
La danse ajoute sa pierre à l’édifice, devient une voie d’expression, le corps nous danse son vécu, les traces des mains qui l’ont caressé et meurtri. A travers les gestes nous découvrons la cruauté, la poésie, la sensibilité de chacune des histoires .
C’est un projet pluridisciplinaire profondément engagé cependant le ton n’est jamais pathétique ou victimiste, profondément féminin, pas d’agressivité, pas de violence ni de sexisme.
« Ni Una Mas. » Pas une de plus.
Cette phrase ponctue chaque monologue et va vivre en moi désormais entourée de souliers rouges.
C’est un spectacle inoubliable, plein de pudeur et de tendresse. Soyez à l’affût de cette pièce si elle se joue près de chez vous et surtout ne la ratez pas. C’est inouï de beauté.
Connaissez-vous le mouvement d’Elina CHAUVET, originaire du Mexique, « Los zapatos rojos » initié pour sa sœur décédée sous les coups de son mari ?
Pascale - Les 2M &Co